La vulnérabilité en entreprise ? un levier de croissance !

05 Mai 2025

La vulnérabilité, c’est pas très sexy. C’est « émouvant » chez les autres, parfois, mais personne n’aime trop. Elle peut même faire peur quand elle se rapproche ou se révèle là où on ne l’attend pas. Et en entreprise elle est souvent perçue comme « gênante ». On préfère que tout le monde soit fort, et gère. Et pourtant la vulnérabilité fait partie de chacun de nous. Elle est dans notre ADN et elle se montre tôt ou tard. Elle est la marque de notre humanité. A-t-elle sa place dans l’entreprise ? Dans cet article je voudrais te partager mon point de vue. Je pense que la vulnérabilité est une chance et un levier de croissance.

1. La vulnérabilité, absente du monde de l’entreprise ?

1 Le tabou de la vulnérabilité

Dans notre culture managériale, façonnée par des logiques de performance, d’optimisation et de compétitivité, la vulnérabilité reste un mot qu’on prononce à voix basse. Faire preuve de vulnérabilité, c’est risquer d’être perçu comme faible, instable, fragile, et même peut être incompétent ? Comme une logique imparable qui voudrait qu’être humain pleinement serait incompatible avec la compétence. N’importe quoi ! Mais c’est tellement présent, enraciné qu’on masque, on surjoue, on s’épuise.

Dissimuler ses doutes pour ne pas paraître « à la traîne », taire ses incertitudes pour maintenir une illusion d’autorité et de maîtrise, minimiser ses peurs pour rester crédibles et donner le change. C’est toxique, mais c’est un comportement bien installé et qui devient une norme. L’antivulnérabilité, comme un super pouvoir. Comme un gage de réussite.

2 L’entreprise face à la souffrance ordinaire

A force d’être maintenue cachée et enfouie, la vulnérabilité a fini par trouver des moyens d’exister : Burn-out, charge mentale tellement intense qu’elle engendre des automatismes en nombre, isolement, stress, épuisement des managers… C’est bien d’elle qu’il s’agit. Elle est bien présente et se manifeste de plus en plus, touchant toutes les strates de l’entreprise.

Alors la tentation est grande de traiter les vulnérabilités comme des dysfonctionnements individuels plutôt que comme des signaux collectifs. La responsabilité revient immédiatement sur la tête du vulnérable, de celui qui a osé flancher. Il est presque perçu comme un traitre. Pas de ça chez nous !

Un manager qui flanche est un manager fragile, qui n’a pas su faire, ni dire. C’est lui qui a un problème. Et sa compétence est questionnée.

Un manager qui réussit c’est parce que sa hiérarchie qui est au top ! C’est son manager qui a su s’y prendre avec lui. Il doit sa réussite à son entreprise…!

Alors ? Responsable ou pas responsable ? Ni l’un ni l’autre.

Humain, pleinement. Complexe et instable. Talentueux et capable de défaillance. Merveilleux et capable de faiblesse. L’humain dans toute sa splendeur.

2. Et si la vulnérabilité devenait une valeur stratégique ?

1 Une posture de manager authentique

Afficher une posture de manager vulnérable, ce n’est pas étaler ses doutes, ses émotions, en permanence. C’est, dans certains contextes, avoir le courage de dire : « Je ne sais pas », « J’ai besoin d’aide », « J’ai peur aussi ». C’est accepter que le pouvoir n’est pas dans le contrôle absolu, mais dans la confiance partagée, dans l’audace de se révéler tel que l’on est, sans masque.

Un manager ou un dirigeant qui accueille sa propre vulnérabilité donne la permission implicite à ses collaborateurs d’être vrais et authentiques, et pas juste performants. Cela crée des équipes plus résilientes, plus humaines, et souvent plus solidaires et engagées. C’est l’assertivité en action. C’est aussi une posture de courage et d’audace. Oser révéler ses failles et faire confiance.

⚡ Le leadership vulnérable, c’est un super-pouvoir : il favorise la sécurité psychologique, la coopération, la créativité. Et il fait tomber les masques pour mieux révéler les talents.

2 La vulnérabilité comme levier de transformation collective

Dans les périodes de transformation (fusion, réorganisation, crises de croissance, et autres périodes complexes), la peur, la colère, le doute, face à tant d’incertitudes sont des émotions naturelles. Vouloir les ignorer ou les « maîtriser» avec mépris crée un malaise encore plus grand, une déconnexion encore plus violente.

Alors qu’oser accueillir la vulnérabilité en laissant la place au dialogue, à l’expression des émotions et des ressentis, par une écoute active et non jugeante, devient un acte stratégique. C’est la base d’un climat de confiance, où l’on peut expérimenter, se tromper, apprendre, s’exprimer librement sans risques, et être pleinement enraciné dans notre humanité.

C’est aussi ce qui permet à une organisation d’apprendre de ses erreurs plutôt que de les enterrer. Elle peut se regarder en face, sans mépris ni honte, et trouver un chemin plus juste et plus fécond. L’accueil de la vulnérabilité ouvre un chemin de transformation.

3. Et si l’interdépendance était un atout

1 Vulnérabilité et interdépendance

Laisser la place à la vulnérabilité c’est accepter l’interdépendance. C’est rennoncer à « moi tout seul », mon « soi-disant super pouvoir ». C’est reconnaître et accepter que l’intelligence collective sera toujours plus puissante que toute mon intelligence à moi.

Dans une société ou l’individualisme se fait une belle place, c’est vraiment prendre sa place à contre courrant. C’est accepter les contrastes et les complémentarités. Comme une palette de couleur où chacune est mise en avant par les couleurs qui l’entourent. Où comme un plat dans lequel se mèlent des saveurs différentes qui se complètent à merveille.

épices variées, complémentarités, subtilités

2 Créer une nouvelle culture

Choisir que la vulnérabilité soit non seulement tolérée mais accueillie, c’est poser des actes concrets comme :

  • Offrir des espaces de parole non jugeants (cercles de parole, supervision, coaching…)

  • Former les managers à l’écoute empathique

  • Permettre aux collaborateurs de nommer leurs limites, sans peur de sanction, et leur donner les moyens de les dépasser

  • Accompagner les situations de crise (maladie, burn-out, deuil) avec humanité et bon sens

C’est composer avec toute la complexité et tous les talents pour créer de la valeur ajoutée. C’est inspirer celles et ceux qui partagent ce choix d’oser l’humanité, qui n’en peuvent plus de se cacher et de tendre le dos pour tenir en faisant semblant d’être invulnérables.

En conclusion :

Loin d’être une faiblesse honteuse, la vulnérabilité est dans notre ADN. Lui laisser un espace d’expression c’est s’offrir un levier de croissance, de sens, et de cohésion sans pareil.

Donatienne Del Cos

Coach et formatrice, experte en régulation du stress et des émotions, Donatienne vous aide à développer une posture stable et confiante et à renouer avec votre vitalité. En milieu professionnel elle intervient auprès des dirigeants et des managers sur la communication interpersonnelle et la cohésion, la gestion de conflits et bien sûr, la régulation émotionnelle.

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